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Des outils pour lutter contre le cybersexisme

Comment améliorer concrètement la sécurité des femmes sur le web ? Et Quelle stratégie adopter face aux réseaux sociaux qui mettent en place des outils pour lutter contre les cyberviolences ? les réponses du centre hubertine auclert.

 

cybersexisme sur les réseaux sociaux : les chiffres

Selon la toute première étude sur le cybersexisme (menée par le Centre Hubertine Auclert) auprès de 1200 élèves franciliens : 

  • 20% des filles (13% pour les garçons) rapportent avoir  été insultées en ligne sur leur apparence physique (poids, taille ou de toute autre particularité physique).
  • 17% des filles (et 11% des garçons) déclarent avoir été confrontées à des Cyberviolences à caractère sexuel par le biais de photos, vidéos ou textos envoyées sous la contrainte et/ou diffusées sans l’accord et/ou reçues sans en avoir envie. Cela concerne ainsi près de 3 filles et 2 garçons dans chaque classe.

Selon un sondage réalisé en 2013 auprès d'adultes* :

  • 61 % des personnes interrogées ont déjà pris des photos ou tourné des vidéos intimes pour les partager avec quelqu'un d'autre, et 23 % des personnes interrogées ont vu ces photos partagées par leur destinataire par la suite. 90 % des victimes du "revenge porn" (contenu sexuellement explicite publiquement partagé en ligne sans consentement) étaient des femmes et 95 % avaient moins de 30 ans.
  • 93 % des victimes ont déclaré avoir éprouvé un désarroi émotionnel et 82 % ont constaté des répercussions de cet incident sur leur vie sociale et/ou professionnelle.

Face à cette réalité encore méconnue il y a quelques mois, quelles actions mettre en place et/ou encourager ?

Le Centre Hubertine Auclert : un référent en matière de lutte contre le cybersexisme

  • Dès novembre 2014, le Centre Hubertine Auclert a organisé un premier colloque sur les cyberviolences sexistes et sexuelles, pointant l’émergence d’une problématique genrée s’inscrivant dans une perspective féministe.
  • En mai 2015, une enquête réalisée auprès des jeunes ainsi qu'une première campagne « Stop cybersexisme » ont été menées avec pour objectif de rendre visible la dimension sexiste des cyberviolences, à travers le néologisme «cybersexisme» (repris dans les médias et les institutions).
  • Depuis, plusieurs campagnes de sensibilisation ont été lancées, notamment à destination des publics jeunes, peu conscients des dangers à la fois psychologiques et d'ordre pénal qu'ils encourent.

des outils concrets pour lutter contre les cyberviolences

Au cours du mois de mars dernier, Facebook a sollicité les conseils et l'expertise du Centre Hubertine Auclert, précisément sur le cybersexisme. L'objectif ? Déployer des outils permettant de dépublier les photos intimes postées sans le consentement des utilisateur-trice-s.

Depuis le 5 avril 2017, ce dispositif - co-développé avec des experts en sécurité - est opérationnel sur le réseau social :

  • Lorsqu’une photo est publiée sur Facebook sans autorisation, il est désormais possible de la signaler de manière simplifiée. Afin d’empêcher qu'elle soit publiée à nouveau sur Facebook, Messenger ou Instagram, une technologie de « photo-matching » est alors utilisée pour bloquer instantanément et automatiquement l'image. Parallèlement, si un-e utilisateur-trice essaie de republier un contenu déjà supprimé, il-elle sera averti du fait que ce contenu contrevient au règlement de la plateforme.

Cette prise de conscience des violences faites aux femmes sur le web, quoique tardive, est à encourager : chacune de ces initiatives rappelle combien le monde digital n'est que le reflet du monde réel. Les violences sexistes y sont à l'oeuvre et elles doivent être dénoncées et combattues sans relâche, grâce à tous les moyens - à la fois intellectuels et technologiques - dont nous disposons.

 

* Sondage réalisé par l'association américaine Cyber Civil Rights Initiative auprès de 1606 personnes.

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