Vous êtes ici

Édito spécial 25 novembre 2022 - Former les forces de sécurité

En 2021, 122 femmes décédaient des suites de violences conjugales et douze enfants succombaient aux blessures des agresseurs. 75% des meurtriers - déjà connus des services de police et de gendarmerie - l’étaient pour des faits de violences conjugales.

À l'approche de la fin d'année, lorsqu’on dresse l’angoissant bilan des féminicides survenus les douze mois précédents, l’ampleur des chiffres et la liste des mêmes statistiques concernant les conjoints ou ex-conjoints meurtriers, suscitent une douloureuse indignation que nous nous gardons bien de dissimuler : elle doit constituer un moteur puissant pour faire évoluer les mentalités et empêcher la banalisation de ces crimes.

Cette indignation mobilise depuis toujours les associations de lutte contre les violences faites aux femmes. Cette même indignation s’est emparée des réseaux sociaux à l’automne 2017, suite à l’affaire Weinstein. C’est elle qui, petit à petit, aide à éclairer les consciences sur le caractère systémique de ces violences et incite les pouvoirs publics à mettre en place des mesures pour les endiguer. Pourtant, malgré une certaine libération de l’écoute, moins d’une femme sur cinq dépose plainte pour violences conjugales… Face à ce constat implacable, quelles ultimes barrières faire tomber alors que plus de 200 000 femmes sont concernées chaque année ?

En 2019, le Centre Hubertine Auclert a piloté un diagnostic dans trois commissariats de police de Paris et de la petite couronne sur les conditions d’accueil et d’audition des femmes victimes de violences conjugales, à la demande de la Préfecture de police de Paris. L’une des principales recommandations formulées à l’issue de cette enquête concernait le renforcement de la formation des services de police à la prise en compte de la spécificité et de la dangerosité des situations de violences conjugales.

En 2020, le Conseil régional d’Île-de-France a voté - pour la première fois en France - un budget spécifique pour la mise en place d’un projet de formation, coordonné par le Centre, en direction de l’ensemble des forces de sécurité sur le territoire francilien. Cette expérimentation exemplaire a aujourd’hui vocation à être déployée partout en France et inspirer nos responsables politiques.

En 2022, à l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, je vous invite à (re)découvrir le rapport de ce projet pionnier avec nos dix recommandations pour améliorer la formation des forces de sécurité sur les violences conjugales. Vous y retrouverez également de nombreux témoignages de professionnel·les pour illustrer ce bilan : souvent édifiants, parfois émouvants, toujours éclairants, ils légitiment, si besoin était, le besoin pérenne de formation afin de continuer cet indispensable travail de renforcement des compétences.

L’objectif est simple et concret : mieux accueillir, orienter et protéger les femmes victimes de violences.

> Téléchargez le rapport "Former les forces de sécurité à l'accueil des femmes victimes de violences conjugales" <

Marie-Pierre Badré,
Présidente du Centre Hubertine Auclert

Informations

Date/Période 
Vendredi 25 novembre 2022

 

 

Restons en contact

S’abonner à la newsletter