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Le masculin n’est jamais neutre L'édito !

Alors que nous saluons l’arrivée historique d’une première ministre à la tête du gouvernement, le sempiternel brouhaha des réfractaires se fait entendre. Quelques grincheux bruyants se font un point d’honneur à « défendre » l’emploi du masculin pour la nommer, au prétexte – absurde – que cela sonnerait mieux à l’oreille ou que ce n’est « pas beau ». Passons outre l’inquiétante subjectivité érigée en règle absolue, ce conservatisme linguistique trahit comme toujours de profondes craintes : celles de voir un ordre établi vaciller. Entendons-nous bien : le masculin n’est jamais neutre. La langue nous reflète, nous façonne, elle nous assigne et se situe au cœur de nos identités et de notre apprentissage culturel. Parce qu’elle peut être parfois un rempart à l’égalité, nous avons le devoir de défendre coûte que coûte sa féminisation. En 1899, Hubertine Auclert clamait que « L'omission du féminin dans le dictionnaire contribue plus qu'on ne le croit à l'omission du féminin dans le droit. L'émancipation par le langage ne doit pas être dédaignée. » Une parole évidente à méditer… En 2022.

Marie-Pierre Badré,
Présidente du Centre Hubertine Auclert

 

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