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Contes à rebours

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Spectacle vivant

La société patriarcale, comme tout système d’oppression, est un monde inversé : la victime, c’est la coupable. L’agresseur,
c’est la victime. L’amour, c’est la possession. Le sexe, c’est la violence. Dire non, ce serait dire oui.Le féminisme commence à l’instant où la vérité se rétablit. À l’instant où l’on remet le monde à l’endroit, où l’on rend aux femmes cette première justice d’affirmer : la victime n’a jamais
rien à se reprocher. L’agresseur, c’est lui, et seulement lui. Il n’avait pas le droit de faire ça. Lorsque le conjoint est violent physiquement et ou psychologiquement, c’est qu’il n’y a pas d’amour ; mais de l’emprise, de la manipulation, de la violence. Ne pas dire oui, c’est déjà dire non. Etc etc etc.
Or, les contes de fées regorgent de ces inversions de culpabilité, de ces brouillages qui bénéficient aux hommes dominants, de ces détournements de langage qui assurent l’impunité des agresseurs. On nous raconte que le petit chaperon rouge a été bien
imprudente de s’attarder à cueillir des fleurs en allant porter la galette et le petit pot de beurre, on l’avait pourtant prévenue... Finalement, ce sera un peu de sa faute si le loup la dévore. On prétend que l’ennemi de Blanche Neige, comme de Cendrillon, comme de la Belle au Bois Dormant, serait une autre femme, vaine, cruelle, jalouse de la beauté des jeunes filles. On veut nous faire croire, dès toutes petites, que nous sommes divisées, rivales, dangereuses les unes pour les autres, que nous ne pouvons nous unir. Et que les hommes, au contraire, sont
là pour nous sauver. Même ce prince, un parfait inconnu, qui nous impose un baiser alors que nous faisons une sieste dans la Nature. Même ce chasseur qui nous emmène, seule, loin dans la forêt pour nous tuer. Même les sept vieux petits hommes armés de hache, avec lesquels nous sommes isolées au fond des bois où personne ne nous entend crier. Même ce prince qui nous poursuit et retourne tout le royaume pour retrouver la femme qui pourtant l’avait fuit, laissant même, dans sa hâte, une chaussure derrière elle.
On veut nous faire croire que les seules femmes indépendantes, qui vivent seules et libres, sont forcément de méchantes sorcières qui empoisonneront les femmes et mangeront les enfants.On nous rabâche qu’elle n’y a d’histoire que pour les BELLES
et douces princesses, et à condition qu’elle soient choisies par un prince. On nous conte le soir, dans le noir, l’histoire victorieuse et joyeuse du petit poucet, mais jamais celle des sept soeurs qu’il livre sans pitié à la violence de l’ogre, pour que soient saufs les sept frères. Elle était temps de remettre du sens, du vrai, dans ce fatras de mensonges et de violences qu’on insinue dans la tête des enfants, qui construit nos imaginaires, nos représentations, influe sur nos comportements. Une réécriture féministe s’imposait.

Publics ciblés 
Adolescent-e-s
Étudiant-e-s
Professionnel-le-s de l’éducation
Professionnel-le-s de la santé
Élu-e-s et agent-e-s des collectivités et de l’administration
Auteur-e-s 
Typhaine D
Année de publication 
2012
Support 
pièce de théâtre
Comment se le procurer ?  

Plusieurs représentations prévues, à Paris, dans toute la France, en Belgique et au Québec
http://typhaine-d.com/index.php/actualites/106-contes-a-rebours-typhaine-d

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