Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir, association pour la défense des droits des femmes en situation de handicap

FDFA - Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir est une association féministe nationale créée en 2003 par Maudy Piot et aujourd’hui présidée par Chantal Rialin, qui œuvre pour la défense des droits des femmes en situation de handicap et la lutte contre toutes les formes de violences et de discriminations qu’elles subissent. 

Soraya Almansa, directrice générale de FDFA, nous 

Pourriez-vous présenter les principales missions de votre association ?

L’association agit à l’intersection du genre et du handicap, en partant du constat que les femmes en situation de handicap sont à la fois surexposées aux violences et largement invisibilisées dans les politiques publiques. Pour rappel, 4 femmes en situation de handicap sur 5 sont victimes de violences, soit 80%. Ces violences prennent généralement des formes spécifiques (institutionnelles, alimentaires, médicales, etc) en plus des autres types de violences que subissent les femmes en général (sexuelles, physiques, psychologiques). 

FDFA développe plusieurs actions complémentaires. Depuis 2015, l’association anime le dispositif Ecoute Violences Femmes Handicapées (EVFH) unique sur le territoire national, d’écoute, d’information et d’orientation à destination des femmes en situation de handicap victimes de violences ou de discriminations, accessible par téléphone et mail. Elle mène également des actions de plaidoyer afin de documenter les violences, les obstacles à l’accès aux droits, aux soins, à l’emploi ou au logement, et de porter ces enjeux auprès des pouvoirs publics. Enfin, FDFA conçoit des outils innovants et déploie des actions de sensibilisation à destination du grand public afin de favoriser l’intégration effective et durable des enjeux croisés de genre et de handicap dans les politiques publiques. 

Conçue comme un laboratoire d’innovation sociale, FDFA propose des ateliers care et empowerment à ses adhérentes et adhérents : informatique, yoga adapté, art-thérapie, beauté, anglais, jardin littéraire, mouvements et conscience du corps, etc. Des permanences sociales et administratives sont également animées par des bénévoles pour soutenir les femmes dans leurs démarches.
 

Vous avez déjà collaboré avec plusieurs collectivités, pourriez-vous détailler quelques exemples d’accompagnements/interventions que vous faites ?

L’association intervient dans le cadre d’actions de sensibilisation à destination - entre autres des professionnelles et professionnels de santé (sage-femmes, kiné, Maison des Femmes, etc.) et du grand public. Ces interventions portent sur les spécificités des violences faites aux femmes en situation de handicap, les freins à l’accès aux soins, à l’emploi ou aux dispositifs de protection, ainsi que sur les réalités vécues par des femmes concernées par différents types de handicaps.

Comment concevez-vous des outils accessibles à toutes et tous ?

La conception d’outils accessibles constitue ces derniers temps un axe central du travail de FDFA. Cette démarche s’appuie sur l’expertise des femmes accompagnées par FDFA dans une logique de co-construction en lien avec la direction et l’équipe.

Des outils comme le Handi’mètre, La roue des violences ou les supports de sensibilisation développés par l’association visent ainsi à rendre visibles les inégalités, à outiller les acteurs de terrain et à faciliter l’intégration concrète des enjeux de genre et de handicap dans les pratiques et les politiques publiques. Les femmes en situation de handicap bénéficient ainsi concrètement d’outils qui leur sont dédiés.

D’après vous, quels sont les principaux leviers sur lesquels les collectivités pourraient agir pour intégrer de manière combinée le genre et le handicap dans les politiques publiques ?

Pour intégrer de manière effective et durable le genre et le handicap dans les politiques publiques, plusieurs leviers d’action apparaissent essentiels.

  • Production de données : 
    • imposer le recueil et l’analyse de données ventilées par genre et handicap dans les domaines du logement, de l’emploi, de la santé ou de la lutte contre les violences permettrait de mieux objectiver les inégalités et d’adapter les réponses publiques.
  • Sensibilisation et formation :
    • sensibiliser la population, notamment via des actions de prévention dans les écoles, les centres sociaux et des campagnes locales inclusives, 
    • former les professionnelles et professionnels (santé, police, justice, travail social, élues) aux spécificités vécues par les femmes en situation de handicap.

Les collectivités peuvent également agir en développant des politiques publiques ciblées (emploi, santé, parentalité) en intégrant systématiquement la dimension genre et handicap dans les appels à projets et les financements.