Les deepfakes à caractère sexuel s’inscrivent dans un rapport de domination de genre et dans un continuum de (cyber)violences sexistes et sexuelles, qui affectent principalement les femmes, et les personnes LGBTQIA+ et renforcent également d’autres systèmes d’oppression : racisme, validisme, classisme, grossophobie, etc.
98% des deepfakes produits en ligne sont à caractère pornographique et 99% des personnes ciblées sont des femmes, selon la recherche « State of Deepfakes » de Security Hero en 2023.
Les conséquences sont graves : 78% des victimes de cyberviolences déclarent des répercussions sur leur vie, et toutes les sphères de la victime, privées ou publiques, sont fortement impactés d’après Grande Enquête sur les cyberviolences sexistes et sexuelles de 2025.
Depuis 2024, la loi SREN dans son article 226-8-1 du Code pénal reconnait spécifiquement l’infraction de deepfake à caractère sexuel. Cependant, il existe de nombreuses limites dans l’application de la loi comme :
- le manque de formation et d’effectifs des forces de l’ordre,
- le manque de moyens pour conduire des enquêtes,
- le manque d’engagement et de responsabilité des plateformes dans le retrait effectif des contenus illicites signalés.
Un accompagnement féministe spécialisé pluriprofessionnel est nécessaire pour accompagner les victimes de (cyber)violences de genre. Des dispositifs spécialisés de signalement comme DISRUPT de Point de Contact permettent de signaler des contenus intimes non consentis dont des deepfakes à caractère sexuel pour que leur retrait soit demandé auprès des sites hébergeurs, et de lutter contre la (re)diffusion de ces contenus illicites. Pour prévenir les cyberviolences sexistes et sexuelles, il est crucial de développer dès le plus jeune âge une éducation qui intègre spécifiquement les enjeux de genre, de consentement et de respect de la vie privée.