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Le projet périscolaire : innover pour diffuser une culture de l’égalité dès le plus jeune âge

Mis à jour le 04/12/2025

Depuis 2024, le Centre Hubertine Auclert accompagne des professionnelles et professionnels du périscolaire, afin de faire évoluer leurs pratiques vers plus d’égalité entre les filles et les garçons.

La genèse du projet

En 2024, le Centre Hubertine Auclert était l’une des dix structures lauréates d’un appel à projets national du Fonds d’Expérimentation pour la Jeunesse et l’Institut National de la Jeunesse et de l’Education Populaire. Le Centre Hubertine Auclert accompagne dans ce cadre des professionnelles et professionnels du périscolaire, afin de faire évoluer leurs pratiques vers plus d’égalité entre les filles et les garçons. La singularité de ce partenariat repose sur l’importance accordée à l’évaluation d’impact : le dispositif est évalué par Eval-Lab, afin de mesurer son efficacité, mais aussi son potentiel de réplicabilité par d’autres structures ! 

 

L’importance du temps périscolaire dans une approche globale du rythme de l’enfant

Le temps dit “périscolaire” désigne les heures qui précèdent et suivent la classe, sur lesquelles un accompagnement est proposé aux enfants. Ces temps au “centre de loisirs”, qu’il s’agisse de l’accueil matinal, méridien, en fin d’après-midi ou la journée du mercredi, sont pris en charge et gérés par les villes, et non par l’Education nationale, responsable du temps scolaire.  

Le projet périscolaire part d’un constat simple : les stéréotypes de genre se construisent très tôt, souvent sans que l’on s’en rende compte.

Il y a donc nécessité à agir dès le plus jeune âge, aussi bien sur les temps scolaires que périscolaires, qui structurent ensemble la vie de l’enfant à l’école.

Exemple d'une activité proposée sur le temps périscolaire

Le rôle essentiel des professionnelles et professionnels de l’enfance  au sein des villes

Chaque mot, chaque activité, chaque interaction contribue à façonner la manière dont les enfants perçoivent ce qu’il « est normal » ou non d’aimer, de faire, ou d’être : les professionnelles et professionnels de la petite enfance, de l’enfance et de la jeunesse ont ainsi un rôle central dans la construction des représentations liées au genre.

Les formations dispensées dans le cadre de ce projet leur donnent les clefs nécessaires pour repérer les stéréotypes, comprendre leurs mécaniques, et agir concrètement dans leurs structures. Caroline Duhaâ, chargée de mission égalité à Villejuif, l’une des villes accompagnées par le Centre Hubertine Auclert, note que :

 « le projet permet d'avoir une démarche transversale et ambitieuse en formant les équipes périscolaires au sens large, intervenant de la petite enfance à la jeunesse. » 

L’une des forces de cet accompagnement repose notamment sur la constitution de réseaux « égalité ».  

  • Dans un premier temps, un réseau interne au sein des villes entre les différentes parties prenantes responsables des temps périscolaires (direction et équipes des centres de loisirs, chargés et chargées de mission égalités au sein des collectivités).  
  • Dans un second temps, un réseau externe aux villes, à travers les journées rassemblant tous les participantes et participants du projet, telles que les temps d’échanges de pratiques (TEP) ou encore les comités de pilotages.  
     

 

Comment se structure l’accompagnement ?

Un accompagnement est proposé sur un à trois ans, en co-construction avec les collectivités, l’INJEP et le cabinet d’évaluation Eval-Lab.  

 

Pour les villes ayant fait la demande d’un suivi sur une année, l’effort est porté sur :  

  • La formation des équipes de direction
  • L’organisation commune d’une grande journée pédagogique sur le sujet de l’égalité filles-garçons à destination du personnel périscolaire de leurs structures.  


Pour les villes ayant fait la demande d’un suivi sur trois ans, la durée permet :

  • La formation de personnes volontaires parmi le personnel périscolaire pour impulser une dynamique au sein de leur structure, : les  «les « ambassadrices et ambassadeurs de l’égalité »,
  • La formation de la totalité du personnel d’un « site pilote »  
  • L’organisation d’une grande journée de restitution à destination de tout le personnel éducatif de la commune.  


Enfin, des moments collectifs sont proposés à toutes les collectivités afin de partager outils, idées et bonnes pratiques, à travers :

  • Des temps d’échange de pratique,  
  • Un appui individualisé à la mise en place d’un projet,  
  • Des réunions des ambassadrices et ambassadeurs de l’égalité,  
  • Le comité de pilotage du projet.  

 

2024-2025 : Phase de lancement

Les collectivités d’Ivry-sur-Seine, Villejuif et Bagnolet ont rejoint le projet pour trois ans dès la première année. Ivry et Villejuif ont ainsi déjà pu former leurs ambassadeurs et ambassadrices de l’égalité tandis que Bagnolet a pu former ses équipes de direction.  

Un premier comité de pilotage a été organisé en janvier 2025, permettant de poser les bases d’un partenariat durable en rassemblant tous les acteurs et actrices du projet : INJEP, Eval-Lab, collectivités locales et équipes du Centre Hubertine Auclert.  

Journée pédagogique organisée à Bagnolet, rassemblant plus d’une centaine de personne désormais sensibilisées à l’égalité

Journée pédagogique organisée à Bagnolet, rassemblant plus d’une centaine de personne désormais sensibilisées à l’égalité

 

2025-2026 : suivi d’expérience et changement d’échelle

Cette année, trois nouvelles collectivités ont rejoint le projet pour un an : Grigny, Rosny-sous-Bois et Les Lilas.  

Pour les villes d’Ivry-sur-Seine, Villejuif et Bagnolet, l’expérimentation des “sites pilotes” est lancée. A titre d’exemple, dans l’école élémentaire Paul Langevin d’Ivry-sur-Seine, tout le personnel du site pourra ainsi être formé, contrairement à l’année précédente où uniquement les directeurs, directrices et personnels volontaires étaient concernés.

Un comité de pilotage s’est tenu en octobre 2025, réunissant toutes les parties prenantes afin de faire un bilan, accueillir les nouvelles collectivités engagées sur un an, partager le plan d’action, ajuster les initiatives locales et lancer la dynamique de l’année à venir.

Le projet périscolaire avance ainsi au rythme des rencontres, des apprentissages et des initiatives locales, dans un esprit de co-construction et de progression continue.  

 

Une approche globale : co-construction et autonomisation

Les principaux objectifs de cet accompagnement sont de  :  

  • permettre aux professionnels et professionnelles de repenser leurs gestes du quotidien,  
  • faire évoluer leurs postures éducatives,
  • questionner leurs propres représentations.  

Cette approche progressive et bienveillante favorise l’émergence d’une véritable culture de l’égalité dans les structures, en donnant à toutes et tous le temps de s’approprier les notions, d’expérimenter, puis d’échanger autour des réussites comme des difficultés. Caroline Duhaâ souligne, 

« L'accompagnement proposé permet non seulement de poursuivre la sensibilisation des équipes concernées, mais également de répondre à leurs interrogations, d'ouvrir de nouveaux champs de réflexion, et de leur donner des ressources et des pistes d'actions très concrètes, notamment grâce aux temps d'échanges de pratiques. » 

 

L’une des forces du projet est de permettre aux ambassadeurs et ambassadrices de l’égalité de s’approprier les questions d’égalité, puis de former à leur tour, en autonomie, leurs collègues à travers l’échange de bonnes pratiques, de conseils et de retours d’expériences.

Grâce à des réunions régulières, la mise en place d’un accompagnement à la fois individualisé et collectif et des outils mutualisés, le Centre Hubertine Auclert et les collectivités partenaires travaillent ainsi main dans la main, afin que toutes et tous puissent agir de façon autonome et pérenne, bien au-delà des temps de formation.

 

L’expertise du Centre Hubertine Auclert 

Fort de son expérience dans la formation, l’accompagnement des collectivités et la production d’outils pédagogiques, le Centre mobilise, dans le cadre de ce projet, ses compétences pluridisciplinaires pour concevoir des actions sur mesure. Les contenus proposés sont basés sur des recherches scientifiques et adaptés aux réalités du terrain, grâce à de nombreux outils et méthodes d’éducation populaire.